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Métro - Montréal

Métro - Montréal Mars dans le Grand Nord Mars sur Terre

[2004.08.18] Un bilan de la mission FMARS 09, annoncé par une grande photo en « une », a été publié le 18 août dans le quotidien gratuit Métro de Montréal.

Le quotidien Métro est distribué gratuitement dans les stations de métro de Montréal. Il est lu par 204 000 personnes.

Vous trouverez ci-dessous une copie du texte publié dans le journal.


« Une » du journal
Mars dans le Grand Nord

Sept volontaires de la Mars Society, dont un Québécois, ont passé trois semaines le mois dernier sur la plus grande île inhabitée du monde, l'île de Devon, qui est située dans le Grand Nord canadien. Le but de l'exercice était de simuler une mission sur la planète Mars. L'expérience doit servir à faire avancer la recherche qui permettra un jour d'explorer Mars autrement qu'avec des robots. Notre collaborateur Joan Roch a participé au projet et raconte l'expérience en page 4.


Reportage
Mars sur Terre

Centre-trente-trois jours de vie sur Mars, sept personnes, une base. Mission accomplie. Après trois semaines difficiles sur la plus grande île inhabitée du monde, l'île de Devon, les volontaires de la Mars Society ont terminé leur expérience de simulation de mission habitée sur la planète Mars.

Jusqu'à présent, la planète Mars est étudiée uniquement par l'intermédiaire de sondes automatisées de la NASA ou de l'Agence spatiale européenne (ESA). Trois satellites et deux véhicules automatisés sont actuellement au travail sur la planète rouge. D'autres sondes sont en construction. Mais côté humain, rien. C'est pourquoi le but de cette incroyable exploration était de préparer, comme chaque année depuis 2001, l'arrivée d'explorateurs humains d'ici 30 ans.

Si le premier pas de l'humanité sur Mars n'est pas pour demain, l'entraînement a par contre déjà commencé dans le Grand Nord canadien, sur l'île de Devon. Sa géologie, son climat, son relief, son isolement complet rappellent la planète rouge. Bref, une version de Mars sur Terre.

Ne pouvant sortir de la base qu'en combinaison spatiale, les sept membres d'équipage de la base Flashline Mars Arctic Research Station (FMARS), quatre Américains, un Polonais, un Hongrois et un Québécois, ont travaillé tout le mois dernier pour faire avancer la recherche qui permettra un jour d'explorer Mars autrement qu'avec des robots.

La Mars Society, un organisme à but non lucratif qui cherche à promouvoir l'exploration habitée de la planète rouge, y a construit la base FMARS il y a quatre ans, au bord d'un véritable cratère de météorite de 20km de diamètre. La simulation qui vient de s'achever a permis à l'équipe de scientifiques de démontrer les forces et les faiblesses de l'exploration humaine.

Plusieurs fois pendant la mission, des équipes se sont perdues dans le labyrinthe des vallées glaciaires par leur propre faute. La fatigue, l'excès de confiance, la mauvaise communication avec la base, toutes ces erreurs humaines auraient coûté très cher sur Mars. Les simulations permettent d'améliorer ces aspects, en confrontant les chercheurs à la réalité du travail sur Mars.

Les mutineries sont aussi une menace. Dans les années 70, les astronautes américains de la station Skylab s'étaient rebellés pour protester contre un emploi du temps surchargé. Deux décennies plus tard, les Russes de la station Mir ont failli suivre leur exemple. Au cours d'une mission martienne de plus de deux ans, ce risque devra être pris en compte. A bord de FMARS, les conflits entre membres d'équipage ou avec l'équipe de soutien au sol sont restés limités, mais la mission ne durait qu'un mois.

Par contre, le facteur humain a permis de changer des échec en succès. Une radio défaillante n'a jamais empêché les astronautes de terminer leurs recherches et de revenir à la base. Les nombreuses pannes de véhicules ont toutes été surmontées. Des outils inexistants ont été créés sur place, comme un petit microscope ingénieusement monté sur le casque d'un géologue.

De plus, quand vient le temps d'explorer le terrain, l'humain se compare très favorablement à la machine. Depuis leur arrivée sur Mars en janvier dernier, les sondes Spirit et Opportunity de la NASA émerveillent par leur mobilité, parcourant en six mois un total de 6km. En trois semaines, les explorateurs de la Mars Society ont parcouru 300km, dont 50km à pied dans un terrain difficile, franchissant collines, vallées et falaises pour explorer plusieurs dizaines de sites. Les sondes de la NASA sont de petits géologues sur roues. Contrôlés depuis la Terre, ces robots mettent des jours à examiner la surface d'une roche. En comparaison, il suffisait de quelques dizaines de minutes aux géologues de FMARS pour analyser un site et découvrir des microfossiles enfouis dans le flanc d'une colline.

Des fossiles tels que ceux découverts dans l'Arctique consituent justement le Graal de toutes les missions vers Mars, car ils prouveraient l'existence de vie dans le passé de Mars, à l'époque où cette planète était encore assez chaude pour héberger des océans. L'étude d'une forme de vie extraterrestre, même disparue, révolutionnera les connaissances sur l'origine de la vie sur Terre.

Pour découvrir ces fossiles, s'ils existent, des scientifiques doivent bien sûr se rendre sur place. Les simulations menées par la Mars Society sont une première étape indispensable pour conquérir la planète rouge.

Pour plus d'informations :
En français : www.marssurterre.net
En anglais : www.marssociety.org

Joan Roch, Métro Montréal - 2004.08.18