Mars sur Terre

accueilmédiaspresse écrite • quartier libre

Accueil
Image du jour
Nouvelles
MDRS 18 - Journal de bord
FMARS 09 - Journal de bord

Références
La planète Mars
La Mars Society
Base FMARS - Arctique
Base MDRS - Utah
Principes de simulation
Sites / Livres

Documents
Photos
Audio / Vidéo

Relations publiques
Conférences
Médias
Internet

Contacts
Coordonnées
Qui suis-je ?

Quartier Libre

Quartier Libre

[2004.01.28] Article publié dans le journal étudiant de l'Université de Montréal, Quartier Libre, suite à une interview obtenue avec le président de l'Agence spatiale canadienne, l'astronaute Marc Garneau. Cet article a été imprimé à 8 000 exemplaires environ.

Le journal Quartier Libre est publié toutes les deux semaines et est distribué gratuitement sur le campus de l'Université de Montréal et dans les environs.

Vous trouverez ci-dessous une copie du texte publié dans le journal.


Une planète rouge Canada !
Exploration de Mars

Le 14 janvier dernier, le président des États-Unis George W. Bush dévoilait un plan ambitieux. Retourner sur la Lune dès 2015 pour ensuite visiter Mars vers 2030. Déjà engagée sur la route de Mars aux côtés de l'Europe ou grâce à des projets exclusivement canadiens, l'Agence spatiale canadienne entend bien participer au défi lancé par Bush… à condition d'obtenir le budget nécessaire.

La sonde américaine Spirit s'est posée sur Mars début janvier. Quelques jours plus tard, conforté par ce succès de la NASA, le président Bush a révélé le projet d'exploration spatiale qu'il préparait discrètement depuis plus d'un an : un programme pour les 30 prochaines années impliquant un retour de l'homme sur la Lune grâce une base permanente et surtout une exploration humaine de Mars. Depuis longtemps associée à la NASA sur de nombreux projets de sondes ou de vols habités, l'Agence spatiale canadienne (ASC) espère une fois de plus pouvoir participer à l'aventure proposée par le président américain. Interrogé par le Quartier Libre, Marc Garneau, président de l'ASC déclare : « On a la capacité de contribuer tant à la science qu'à la technologie qui seraient nécessaires pour aller faire des missions robotisées et des missions humaines dans notre système solaire ». Premier astronaute canadien, vétéran de trois missions à bord de la navette spatiale, Marc Garneau espère que « le Canada va décider de jouer un rôle » dans ce projet.

Si le gouvernement canadien n'a pas encore décidé d'investir dans ce projet, George W. Bush prévoit d'augmenter le budget de la NASA de 5% par an pour les trois prochaines années, puis de 1% par an les deux années suivantes. Ceci ferait passer l'enveloppe budgétaire de l'agence de 15 à 16 milliards de dollars américains en cinq ans. D'importantes réorganisations internes à la NASA devront également être effectuées pour rassembler les fonds nécessaires. titre de comparaison, l'Agence spatiale canadienne peut compter actuellement sur un budget annuel de 300 millions de dollars canadiens.

Un Congrès terre à terre?
Marc Garneau est cependant prudent en ce qui concerne les ambitions américaines, toujours dépendantes d'un vote favorable au Congrès. « Il y a des gens qui ont fait la comparaison avec le projet énoncé par Bush-père en 1989 et qui avait été refusé par le Congrès américain. Le travail nécessaire pour préparer cette aventure n'avait probablement pas été fait. Cette fois-ci, par contre, ça fait au moins un an que M. Bush discute avec la NASA et il est très conscient de ce qui est arrivé au projet de son père. Je crois que la préparation est supérieure cette fois-ci. »

Les obstacles sur la route de la NASA, et donc de l'ASC, sont nombreux. Le soutien du public pour de telles dépenses est loin d'être gagné. M. Garneau évoque le discours historique de John F. Kennedy, en 1962, lorsque celui-ci a déclenché le programme Apollo qui allait permettre aux États-Unis de gagner la course à la Lune. « Ils ont fait des sondages à la suite de ce discours, et environ 50% du public était en faveur. Un sondage a également été fait après le discours de M. Bush, et environ 50% des gens se sont dit en faveur. Ca n'a donc pas sensiblement changé ».

Cependant, après vérification des derniers sondages, il apparaît que l'opposition au nouveau programme américain sera plus forte : entre 55% et 60% du public y semble défavorable. « Il y a toujours une partie de la population qui croit que c'est un gaspillage d'argent, ou peut-être pas un gaspillage d'argent, mais peut-être un domaine moins important que d'autres », explique M. Garneau.

Aucune décision n'a encore été prise par le gouvernement fédéral canadien pour financer une participation de l'ASC au projet américain. Comme l'explique M. Garneau, il serait de toute façon prématuré de relever le défi de M. Bush : « On doit examiner de près les détails. On doit sérieusement répondre à la question suivante : est-ce qu'on a les moyens de se payer une participation à ce voyage? Ce travail-là doit être fait avant de s'engager. Mais à l'Agence spatiale canadienne, on n'est pas naïfs. On est conscients du fait qu'il y a beaucoup de facteurs qui entrent en jeu dans ces choses-là, et on va les étudier afin d'avoir vraiment une bonne idée de là où on voudrait aller. »

Aventure américaine ou européenne ?
La vision grandiose de M. Bush n'est pas la seule voie vers la planète rouge. L'ASC est déjà partenaire du projet Aurora, mis en place par l'Agence spatiale européenne (ESA), et qui prévoit lui aussi mettre le pied sur Mars d'ici une trentaine d'années. Selon Marc Garneau, le budget limité de l'ASC pourrait malheureusement nuire au partenariat vieux de 25 ans avec l'ESA. « Si nous décidons de nous lancer pleinement dans ce nouveau projet des États-Unis, ça pourrait entraîner un rééquilibrage de nos priorités vis-à-vis de nos différents projets avec l'ESA. »

En plus de sa participation aux grands projets américains et européens, Marc Garneau a déclaré mi-janvier lors d'une conférence de presse que l'ambition de l'Agence spatiale canadienne était de mettre sur pied une mission robotisée entièrement canadienne (à l'exception de la fusée). Une telle mission, réalisée grâce à l'expertise des universités canadiennes, pourraient se réaliser dès 2011.

Joan Roch - 2004.01.28

Consultez l'article tel que publié sur le site du Quartier Libre.