|
Petra Rettberg - Biologiste en chef & officier en second
Dans notre petite équipe, Petra est la scientifique qui possède de loin le plus d'expérience. Désormais à la tête d'un groupe de recherche en photobiologie et radiobiologie au sein de l'agence spatiale allemande (DLR), Petra a tout d'abord étudié la chimie à Bochum avant de travailler à l'Institut Max Planck. Depuis les dix dernières années au DLR, elle et son groupe s'emploient à déterminer quelles sont les limites de la vie dans l'espace, limites fixées par les radiations, les UV ou le vide spatial.
Ses expériences à MDRS sont donc un prolongement de ces recherches. Pendant son séjour ici, Petra effectue des mesures des rayonnements UV reçu par les équipes en EVA. De plus, Petra compte profiter de son séjour dans le « Hab » pour rassembler des informations pratiques sur la conception d'un tel système. En effet, un des projets de la DLR est justement de créer un bâtiment fonctionnant en circuit totalement fermé, dans le but de tester de nouvelles technologies ou d'effectuer des tests psychologiques.
Son séjour dans le « Hab » a été décidé un peu par hasard. Elle connaissant déjà le projet par l'intermédiaire d'un collègue, mais c'est une rencontre avec Robert Zubrin lors d'une grande conférence sur les technologies spatiales qui a créé l'opportunité de participer. Petra étant intéressée par le projet, Zubrin s'est chargé de la mettre en contact avec Brent, et c'est comme ça que tout s'est finalement organisé.
Petra était d'autant plus intéressée par cette aventure que cela lui donnait l'occasion de travailler avec une équipe internationale, constituée d'inconnus, et dans un environnement naturel qu'elle voulait découvrir depuis longtemps, le désert.
A ce jour, Petra apprécie beaucoup son expérience. Le « Hab » est plus grand que ce qu'elle espérait, et sa conception est très bonne car elle laisse de la place pour des chambres individuelles. Les sorties en ATVs sont totalement nouvelles, avec ou sans combinaison, et permettent de vraiment apprécier le désert. Le groupe fonctionne particulièrement bien, et elle apprécie que la plupart des participants soient des scientifiques avec des projets de recherche avancés. Et si les contraintes de la simulation sont moins pénibles que prévues, elle ne s'attendait pas à ce que les activités en combinaison prennent autant de temps.
Dans les points négatifs, elle s'attendait à une meilleure documentation des systèmes en place et à un peu plus d'organisation dans le laboratoire. Mais elle est surtout déçue du manque d'effort consacré au recyclage ou au traitement des déchets en général : rien n'est prévu ! Or, le recyclage est une composante essentielle d'une telle simulation.
Une fois de retour au DLR, Petra va pouvoir procéder à l'analyse des mesures faites pendant ces deux dernières semaines, et, si la qualité des données le justifient, elle compte présenter les résultats obtenus lors de la prochaine convention européenne de la Mars Society, on octobre prochain.
Finalement, en ce qui concerne le premier voyage pour Mars, elle ne sera probablement pas volontaire pour passer trois ans enfermée dans ces conditions.
Joan Roch - mai 2003
|