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Ma première (et deuxième) EVA
[2003.04.29] Pour commencer, notre « Hab » est également la maison d'au moins une petite souris du désert ! Nous l'avons vu courir partout hier soir, avec Elia, pendant notre début de nuit passée sur un ordinateur.
Aujourd'hui, c'était le grand jour ! En effet, tel que prévu hier, c'est aujourd'hui que j'enfile mes bottes spatiales pour aller fouler le sol "martien" ! Le but de cette expédition sera de mettre en place des expériences pour Dave, notre géologue, et aussi de récupérer certains échantillons placés hier pendant la première sortie par les biologistes germanophones.
Nous avons commencé à nous équiper vers 10h00 ce matin, et l'opération a été relativement rapide grâce à l'expérience de la veille. Dans l'ordre, il faut enfiler ou installer les choses suivantes : combinaison, bottes, guêtres, sac à dos, radio, eau potable, casque et pour terminer les gants. Pour les lunettes ou l'écouteur de la radio, il faut le fixer directement sur la peau avec du papier collant pour éviter que ça ne tombe. Le bonnet est également bien pratique, malgré la châleur, pour maintenir les cheveux en place et protéger le haut du crâne des chocs du casque.
Ensuite, comme hier pour la première équipe, une phase de décompression de trente minutes est obligatoire avant de pouvoir sortir. L'attente se fait dans le sas.
Se déplacer est relativement facile avec ces combinaisons, et le petit air frais apporté par le sac à dos est bien agréable. La liberté de mouvement et le champ visuel sont par contre réduits, et certaines opérations simples peuvent devenir pénibles.
Pendant notre sortie, Dave a creusé un trou pour pouvoir faire une étude de profil de sol. Ensuite, nous avons installé, sur des barres plantées dans le sol, des pièges à poussière, toujours pour Dave. Pas évident de manipuler une masse avec un tel attirail !
Après ça, nous avons suivi le trajet de la première EVA des biologistes pour aller récupérer certains des échantillons placés la veille.
Au total, notre sortie a pratiquement duré trois heures, ce qui est bien suffisant pour avoir droit à la douche promise, la première depuis mon départ de l'hôtel. C'était sans compter sur un travail de maintenance urgent à faire avec Elia dans la serre… sortie supplémentaires pour deux volontaires : Dave et Joan. La douche devra attendre encore un peu.
Déjà fatigué à la suite de la première EVA, je me suis endormi pendant la phase de dépressurisation.
Cette fois, il fallait vider des réservoirs remplis d'eau très sale… l'eau usée de notre habitat ! Le projet de recyclage de l'eau par des procédés naturels avait bien fonctionné pendant les premières missions ici, mais, malheureusement, le système est mort il y a deux mois… mais l'eau est restée. Il fallait donc vidanger tout ça, et, puisque nous sommes en mode de simulation complète, une EVA s'imposait.
Comme toujours dans de telles conditions, la moindre tâche devient plus complexe, car les gants et le reste de la combinaison sont gênants. Après deux heures et demies passées dehors, nous avons finalement réussi notre deuxième mission improvisée, mais qui reste probablement la plus réaliste dans le cas d'une mission habitée sur Mars.
Dure journée, mais la récompense aura été à la hauteur : une douche, la première depuis mon départ de l'hôtel. L'eau étant rationnée, il faut d'abord se mouiller, arrêter l'eau, se savonner, remettre l'eau pour se rincer, et c'est tout !
Demain, troisième sortie pour moi, et cette fois, nous allons aller à plusieurs kilomètres, en utilisant les ATVs pour nous déplacer. Et la sortie devrait durer près de cinq heures. Je vais donc tenter de dormir un peu plus que d'habitude.
Consultez le compte-rendu officiel du 29 avril (MDRS Log Book) sur le site de la Mars Society. La page est en anglais.
Joan Roch - avril 2003
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