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accueilfmars 09 • 2004.07.20

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Baraka

Nous ne sommes que trois dans le Hab, la journée la plus calme depuis mon arrivée Nous avons construit un rideau de fortune pour Louise, qui dort en haut faute d'avoir un nombre de cabines suffisant pour sept personnes Très loin au fond du cratère, Jason et Louise reviennent vers le Hab Après plusieurs heures d'exploration, la dernière ligne droite avant d'enfin pouvoir enlever les combinaisons Jason se dirige vers le sas Jason émerge du sas, un peu fatigué par son excursion La tradition veut maintenant qu'un pain frais attende l'équipe à son retour, et nous tenons notre promesse Dès l'arrivée de l'équipe, il faut prendre soin du matériel Cinq heures de Soleil, de 21:00 à 02:00

[2004.07.20] Ma journée a commencé hier à 21:00. Je suis debout à quelques mètres du Hab, sous un ciel magnifique. Ma montre sonne, j'appuie sur la détente de mon appareil photo. Clic. Ma montre sonne encore, tout juste 15 secondes plus tard. Clic. 15 secondes. Clic. 15 secondes. Clic. Clic. Clic.

1200 photos en cinq heures. Cela faisait des mois que je m'étais préparé pour ce moment.

Il y a un an environ, j'ai vu pour la première fois Baraka, un film sans scénario, sans dialogue, sans acteur. Uniquement de la musique, parfois des bruits d'ambiance, mais toujours des images parfaites. Des images de paysages, de peuples, de technologies, de mondes urbains.

Le réalisateur, Ron Fricke, a perfectionné l'art de nous montrer le monde sous un angle inédit. Les scènes, souvent construites au ralenti ou en accéléré, nous font découvrir les nuages comme des masses fluides, les stations de métro comme des fourmilières, les avenues de New York comme les artères de la ville, battant au rythme des feux de circulation.

Apprenant il y a plusieurs mois que je suis sélectionné pour un séjour au nord du cercle polaire arctique, à bord de la Flashline Mars Arctic Research Station (FMARS), je réalise alors que je vais être témoin d'un phénomène naturel dont peu font l'expérience. Pendant l'été, le Soleil ne se couche jamais. Baraka me revient alors à l'esprit.

Comment montrer le mouvement du Soleil dans toute son étrangeté ? Un film de plusieurs heures, accéléré pour ne finalement durer que quelques dizaines de secondes, ferait l'affaire. Mais aucune cassette n'est assez longue pour ça. De plus, l'amplitude du mouvement impose l'utilisation d'un grand angle pour pouvoir conserver la caméra fixe.

N'étant pas comme Ron Fricke un génie de l'électronique, je ne peux constuire pour cette prise de vue une caméra spéciale contrôlée par ordinateur. Je me résigne donc à utiliser un appareil photo assorti d'une lentille fish eye… et à déclencher les photos une par une à la main.

Pour obtenir une animation fluide de 40 secondes, il me faudra donc prendre une photo toutes les 15 secondes pendant cinq heures. Dans le froid, sans aucune garantie que le ciel restera dégagé pendant cette soirée. J'ai eu de la chance.

Si on est encore loin de Baraka, le film terminé est néanmoins superbe. Le Soleil glisse à l'horizontale. Les nuages de basse altitude ne se déplacent ni à la même vitesse ni dans la même direction que ceux de haute altitude. Ces derniers sont d'un blanc éblouissant, éclairés par en dessous.

Aujourd'hui, nous ne sommes que trois dans le Hab, les autres étant sortis. Tout y est très calme. L'ambiance est complétée par un disque de musique d'inspiration bouddhiste. Mon film s'accorde à la perfection au rythme de la journée.

Consultez le compte-rendu officiel du 20 juillet (FMARS Daily Reports) sur le site de la Mars Society. La page est en anglais.

Joan Roch - juillet 2004