Mars sur Terre

accueilfmars 09 • 2004.07.11

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La simulation commence

Le niveau supérieur de l'habitat Une échelle permet de passer du laboratoire à l'étage Le laboratoire, situé au premier niveau Blazej, le seul à ne pas avoir déjà participé à une mission, enfile sa première combinaison Les combinaisons sont assignées Les casques ne resteront pas propres très longtemps Notre commandant, Jason, prononce un petit discours avant le début officiel de la simulation, marqué par le remplacement du drapeau de Mars, au sommet de la station Judd escalade l'antenne pour aller changer le drapeau de Mars Un drapeau de Mars flambant neuf domine maintenant la station L'équipe applaudit le changement de drapeau. La simulation commence. Chaque soir, de nombreux rapports doivent être rédigés et envoyés à l'équipe de soutien

[2004.07.11] Nous sommes sur Mars. La simulation est lancée. Depuis 15:30 aujourd'hui, il est interdit de sortir sans combinaison. Il faut travailler et cohabiter pendant plusieurs semaines au milieu d'un désert glacial.

Avant d'en arriver à ce stade, une répétition générale a eu lieu. Shannon, Blazej et Louise ont effectué une sortie, sans combinaison, mais équipés de radio et, c'est la consigne, un fusil chargé en cas de rencontre fortuite d'un ours polaire.

Cette sortie a permis de vérifier le bon fonctionnement du système de communication, indispensable pour des raisons de sécurité, d'orientation et de documentation. Tous les évènements notables d'une sortie sont communiqués à l'habitat, où ils sont consignés dans un journal.

Plus tard dans la matinée, les combinaisons ont été assignées à chacun, en fonction de sa taille. Pour Blazej, le seul à ne pas avoir déjà participé à une mission de la Mars Society, il découvrait enfin ces simulateurs de combinaison spatiale. Très habilement réalisées, ces combinaisons ne sont ni pressurisées ni climatisées et le sac à dos ne fournit qu'une simple ventilation. Et pourtant, les combinaisons utilisées lors des sorties permettent de reproduire la perte de visibilité, de mobilité et de sensibilité vis à vis de l'environnement.

Dernier activité « hors-sim », le changement du drapeau de Mars, au sommet de l'habitat. Le drapeau actuel, installé par l'équipe l'été dernier, est à moitié déchiré après avoir subit les assauts de la météo sur Devon. Sous les yeux de toute l'équipe, Judd escalade l'antenne, grimpe sur le toit, détache l'antiquité et installe une bannière flambant neuve, rouge, verte et bleue.

Les trois couleurs du drapeau de Mars symbolisent l'objectif ultime de la Mars Society : la colonisation de la planète rouge. Rouge pour Mars actuellement, un désert aride, froid, une planète morte. Vert pour Mars pendant les débuts de la colonisation, alors que le terrain est progressivement conquis par la végétation chargée de transformer l'atmosphère. Bleu pour Mars sœur de la Terre, couverte d'eau, oasis de vie. Le drapeau résume les étapes d'une terraformation, la création d'une planète habitable.

Le drapeau est installé, déjà battu par le vent. Nous sommes tous frigorifiés. Tel un cri de guerre, hurlé par tous, la devise de la Mars Society retentit : « On to Mars ! », ou, en français, « En avant, Mars ! », La simulation est officiellement lancée.

Pour commencer en beauté, une sortie est immédiatement mise en branle. Il s'agit d'explorer le terrain en ATV pour trouver des sites prometteurs du point de vue géologique et biologique. En plus, pour faciliter l'exploration de ces lieux, un emplacement pour l'installation d'un relais radio doit être identifié.

Jason, Ákos, Judd et moi-même enfilons les combinaisons et partons en ATV, longeant la bordure du cratère. Le terrain est chaotique, la progression difficile, mais ces véhicules tout-terrains sont capables de tout.

Cette première excursion me permet rapidement de comprendre pourquoi cet endroit a été choisi pour réaliser des simulations : plusieurs fois, le paysage traversé ressemblait trait pour trait aux images de la surface de Mars renvoyées par les sondes. Rochers de toutes formes et de toutes tailles, étendues de gravier, collines, ravines, tout y est, à perte de vue. Parfois, même la couleur du sol imite la teinte rouille si caractéristique de la planète Mars.

Cet environnement, le plus sauvage que j'ai jamais vu, nous tend très rapidement un piège : l'absence totale de point de repère. Nous nous égarons. Après deux heures d'exploration, impossible de retrouver un chemin praticable pour retourner à la base. Pour compliquer le tout, la météo se dégrade. L'humidité et le froid nous rendent presque aveugles lorsque la buée recouvre nos visières. Après près de 45 minutes de tentatives, nous apercevons finalement la base au loin, blanche et artificielle.

Fatigués, nous sommes accueillis par un bon repas chaud. Le repas du soir sera toujours pris en groupe, contrairement aux autres dîners dont l'horaire est gardé flexible. Cette réunion permet de faire le bilan de la journée tout en se relaxant. Idéal pour souder un groupe.

En soirée, la rédaction des rapports commence. Toutes les activités scientifiques et de maintenance doivent être documentées.

Egalement au programme, il faut soigneusement orchestrer les sorties en fonction des objectifs scientifiques. Les activités d'entretien sont assignées à tour de rôle et les douches régies par un calendrier.

Chanceux, je profite ce soir de ma première douche depuis notre arrivée dans la base. De l'eau chaude, ce dont je n'étais pas encore sûr !

Consultez le compte-rendu officiel du 11 juillet (FMARS Daily Reports) sur le site de la Mars Society. La page est en anglais.

Joan Roch - juillet 2004