Mars sur Terre

accueilfmars 09 • 2004.07.09

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Devon et FMARS

Plaque d'immatriculation du Nunavut Décor industriel proche de Resolute La petite église de Resolute Resolute Protection thermique d'un réservoir pour l'hiver Chargement du premier avion pour Devon Le premier vol est plein L'île de Devon vue d'avion La station FMARS vue d'avion Arrivé sur Devon, le premier avion est déchargé Jason communique avec la Mars Society pour signaler notre arrivée Le deuxième avion repart La Flashline Mars Arctic Research Station La Flashline Mars Arctic Research Station Le cratère Haughton, au bord duquel est située la base Blazej pose le pied dans la base Formation rocheuse près de la piste d'atterrissage Le troisième et dernier avion arrive Déchargement d'un véhicule tout-terrain Il faut ranger les stocks de nourriture pour le mois

[2004.07.09] Dans l'Arctique, les déplacements sont impossibles à planifier avec certitude. La météo peut changer en quelques heures, noyant le paysage dans la brume. Dans notre cas, la quantité de matériel est si importante qu'il nous faudra trois vols pout tout emporter à FMARS. Un aller-retour prenant deux heures, l'opération ne peut pas prendre moins de six heures, ce qui donne le temps à la météo de bloquer notre dernier avion à Resolute.

Les nouvelles concernant les conditions sur l'île de Devon, attendues dans la matinée, n'arrivent pas. En attendant, nous achetons les derniers vivres et rassemblons le matériel dans un camion. Prêt au départ dès le feu vert donné.

Dans le premier vol, Jason, Judd et moi-même plus toute la nourriture nécessaire pour sept personnes pendant un mois, un petit véhicule tout-terrain (All Terrain Vehicule ou ATV), une remorque, trois fusils à pompe pour nous défendre des ours polaires et un téléphone satellitaire pour contacter, à notre arrivée, la Mars Society et le reste de l'équipe resté à Resolute. Les deuxième et troisième vols seront presque complets avec deux ATV chacun et deux personnes.

A 13:00, le coup d'envoi est finalement donné. Nous nous précipitions vers l'aéroport ou nous attend le bimoteur de type Twin Otter, capable d'atterrir sur la glace, la neige ou la terre, autant de possibilités dans cette région.

L'avion est rempli presque à capacité mais décolle en quelques dizaines de mètres. Dans 45 minutes, Devon, la station… Mars.

Le survol de Devon est impressionnant. A perte de vue, rien. Ou plutôt, rien de vivant. Vallées, plaques de neige, lacs encore gelés, canyons. Au milieu de cette désolation, dans quelques minutes, un cratère de 20km et une base aux allures de science-fiction. Dans l'avion, aucune discussion. Nous sommes tous les trois fascinés par ce qui va être notre environnement des prochaines semaines.

L'avion amorce sa descente. Des yeux, nous cherchons la base. Soudain, par le hublot à côté de moi, je la vois. On dirait un jouet. Et le cratère au bord duquel elle est installée est immense. L'avion fait un virage serré, continue à descendre… et se pose sur la piste en terre construite à deux kilomètres de la station. Pas le temps de profiter de l'instant, il faut décharger immédiatement pour que le Twin Otter puisse aller cherche le reste de l'équipe.

En 15 minutes, tout est dehors, l'avion nous abandonne. Nous sommes trois, debout au milieu de la plus grande île inhabitée au monde. La technologie rompt cet isolement, Jason utilise le téléphone satellitaire Iridium et annonce notre arrivée. La mission commence enfin.

La remorque est remplie et je pars avec Jason vers le « Hab ». Première erreur, Jason choisit le chemin le plus court, descend une pente recouverte d'une plaque de neige. Les roues s'enfoncent, nous sommes bloqués. La neige fait plus d'un demi-mètre d'épaisseur.

Il faut décharger la remorque, la décrocher, pousser l'ATV en haut de la pente alors que nous piétinons dans la neige et remonter la remorque à la main. Après 20 minutes, les poumons me brûlent à cause de l'air glacé et de l'effort. Mais nous pouvons repartir.

Pendant que Jason cherche un chemin pour le véhicule, Judd et moi marchons vers la base. Notre chemin est coupé par un ruisseau, que nous devons traverser à pied. Premier contact avec l'eau qui va nous ravitailler pendant notre séjour. Glacial.

En remontant la pente de l'autre côté, nous commençons à voir la base, le drapeau de Mars déchiré après une année de conditions climatiques extrêmes à son sommet. Elle semble en parfait état. Nous sommes impatients d'y pénétrer pour vérifier la condition de notre habitat, laissé il y un an par l'équipe 8.

J'ouvre la porte extérieure du sas principal, pose le pied à l'intérieur et pousse la porte intérieure. Des casques, alignés sur des étagères, m'accueillent. Le laboratoire sur ma droite est en ordre. Je monte l'escalier pour visiter la pièce commune et les chambres. Tout est rangé et emballé. L'équipe précédente a été parfaite.

Jason arrive finalement avec une partie de notre matériel. Il faudra encore trois allers-retours pour déplacer le contenu de ce premier avion. Mais l'urgence est d'installer la génératrice à essence et de mettre la station en route.

Du premier coup. La génératrice démarre, les premières ampoules s'allument, FMARS est de nouveau habitable.

Je pars effectuer un deuxième voyage de matériel. Sur la piste, je me retrouve tout seul sur l'île de Devon, avec la base au loin. Je coupe le moteur. Silence complet. Un monde minéral. Ce n'est pas tout à fait Mars, mais l'illusion est suffisante pour moi à ce moment.

Le ciel, couvert jusque là, se dégage et le Soleil donne aux roches une teinte dorée. La météo est idéale pour les deux avions suivants. Tout est apporté à bord et s'accumule dans le laboratoire et la table de la pièce commune à l'étage.

Le Soleil de minuit nous surprend encore à l'œuvre, mais épuisés. La lumière n'empêche personne de dormir.

Consultez le compte-rendu officiel du 9 juillet (FMARS Daily Reports) sur le site de la Mars Society. La page est en anglais.

Joan Roch - juillet 2004